Quand le dialogue se rompt – en équipe, en entreprise ou avec les pouvoirs publics – malentendus et non-dits insufflent un climat de défiance. La Communication Non-Violente peut permettre ladésescalade et retour de la compréhension mutuelle.
Certaines images marquent durablement les esprits. Celles du DRH d’Air France, chemise arrachée, ont fait le tour du monde en 2015. Elles symbolisaient moins un dérapage isolé qu’un dialogue social arrivé à un point de rupture tel que les mots ne suffisaient plus. C’est une dynamique comparable qui a saisi fin 2025 le monde agricole : alors même que le report de l’accord UE-Mercosur était acté, certains syndicats, se sentant incompris bien au-delà de ce seul sujet, ont unanimement appelé à un nouveau blocage massif pour début 2026.
La conflictualité s’intensifie en réalité dans l’ensemble de la société, et l’entreprise n’y échappe pas. Pressions économiques, injonctions contradictoires, accélération des transformations : les désaccords se durcissent parfois au point que les positions se radicalisent et que les conflits génèrent incompréhension et tensions, voire perte de sens au travail. Aujourd’hui, 91 % des Français estiment vivre dans une société violente. Plus d’un quart des salariés déclare avoir été victimes de violence et de harcèlement d’ordre physique au travail et un salarié sur trois a été victime d’une forme de harcèlement moral sur son lieu de travail.
Face à ces tensions, la communication est un levier stratégique. Mais pas n’importe comment. La Communication Non-Violente propose une approche fondée sur l’écoute, la reconnaissance des émotions et l’identification des besoins sous-jacents aux positions affichées. Elle ne cherche pas à désigner des coupables, mais à recréer les conditions minimales de la confiance, condition indispensable à toute désescalade et à la reprise du dialogue. Gérer une crise ne consiste pas seulement à répondre vite mais aussi, passé le premier temps de réaction, à comprendre ce que l’autre vit, et à ajuster le message à sa réalité.
Vae Solis a eu l’occasion d’intégrer cette approche dans la gestion de relations conflictuelles avec des résultats éprouvés notamment dans le secteur médico-social, où la charge émotionnelle est particulièrement forte. La libération de la parole y est apparue comme la première étape indispensable à la compréhension et donc, in fine, à la gestion des crises corporate.
La Communication Non-Violente ne prétend pas résoudre tous les conflits. Mais elle ouvre une voie précieuse : celle d’une lecture plus fine des clivages, d’une prise en compte empathique des divergences et d’une gestion des crises aussi apaisée que possible, qu’il s’agisse de tensions du quotidien ou de conflits institutionnels majeurs. A ce titre, elle ne doit pas être négligée.
Anne-Henry Faÿ / Consultant et Laurent Porta / Associé